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Être


Être ou ne pas être ? est certainement la question qu'une poignée de journalistes sportifs a dû se poser il y a quelques mois lorsque, depuis le fauteuil installé à peu de mètres de ma lucarne lumineuse, je constatais quelques disparitions parmi les correspondants de mes émissions télévisées favorites. Tour à tour s'évaporaient les meilleurs, les très smarts Darren et Mary puis Rodolphe, le facétieux complice de mes émotions rugby. Volatilisés. Mon canal devenant moins au détriment du plus, je zappais jusqu'aux ampoules dans le but affiché de remettre la main sur mes trois copains qui n'étaient pas plus présents ailleurs sur la grille des programmes où je pus constater que maints chroniqueurs manquaient également ça-et-là à l'appel. Vint alors le désespoir.
Un son cependant. Enfin, un son écrit, la moitié d'un cui-cui qui disait à peu près ceci : "Sommes sur la plus grande plage du monde. De retour bientôt avec des mages et surtout avec l'Euro". Puis le chant a enflé sur la toile, évoquant les grandes célébrations footballistiques, les très courus Jeux Olympiques, du rugby à XIII... le tout pour une recette imaginée par le pâtissier Charles-Pierre avec toute la crème du journalisme sportif pour nous permettre d'être dans le sport et pour que le sport soit en nous à chaque heure de tous les jours. BeIN Sport, c'est la toute nouvelle chaîne qui se présente comme un sorbet dans le PAF surchauffé de notre beau pays et elle est en HD. Mais ce n'est pas tout, comme une cerise couronnant la plantureuse confiserie la petite BeIN Sport 2 devrait commencer à émettre dans quelques jours. 
À la question "Être ou ne pas être ?", il semblerait que Vanessa, François et les autres aient choisi d'être. Moi aussi, pour tout vous dire, j'ai préféré l'option 100 % sport de BeIN.

Origines



Au cours des deux semaines écoulées a eu lieu l'un des évènements majeurs en Océanie, le très australien State of Origin. Considérons le championnat de rugby à XIII du Pacifique, le plus gros, le plus beau, la New Rugby League disputée par 15 clubs australiens plus 1 club néo-zélandais. Sur l'ensemble de ces 16 clubs, 10 proviennent des seuls états du Queensland et de la Nouvelle Galles du Sud et l'idée de génie a été, en 1980, de sélectionner les meilleurs joueurs parmi ceux originaires de ces deux régions (c'est à dire y ayant disputé leur première rencontre sénior) et évoluant en NRL pour en façonner deux équipes de rêve qui s'affronteront par trois fois chaque année. Pour résumer, le State of Origin c'est un peu comme un Rubik's Cube à deux couleurs : bleu et bordeaux.
Les "Maroons" du Queensland d'abord,  identifiés au crapaud buffle, tenants du titre suprême depuis 2006 et qui entendent bien le conserver alors que le New South Wales, les "Blues", aimerait bien redorer sa carapace de blatte et confisquer le bouclier pour 2012. Trois matchs en trois villes se dérouleront en quelques semaines à grand renfort de théâtralités gréco-burlesques, de public jusque dans les placards, de records d'audience télévisuelle, de courses de mascottes et autres pompom women certainement holographiques. Une "affaire d'honneur", une "affaire d'état" sont les expressions qui fusent en regions australes, excusant presque la bestialité des rencontres et l'engagement opiniâtre des joueurs. Pas de transgressions cependant, jamais, on joue selon les règles en vigueur et, par dessus tout, on respecte l'arbitre et ses décisions. C'est aussi une question d'orgueil, le fameux "À vaincre sans péril...". 
Rarement une série s'est terminée sur le score de 3 matchs à 0 et il ne fait nul doute que les meilleurs millésimes du State of Origin sont ceux qui comprennent un véritable "Decider", une "belle" après que les deux équipes aient gagné chacune l'une des deux premières rencontres. Ce fut le cas cette année, après des sessions I et II particulièrement âpres, le final s'est soldé par un tout petit point d'écart en faveur du Queensland.
Même si pour cette série encore les Blues ne sont pas allés jusqu'au bout de leur exploit, 2012 restera historique à bien des égards, ne serait-ce que pour les records d'audience générés par cet évènement... ne serait-ce que pour ce souhait enfin exaucé de voir quelques génies orientaux nous offrir d'y assister, ici en France.