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Supernatural



Les anglais sont vraiment incroyables ! Et particulièrement semble-t'il lorsqu'il s'agit de Rugby League. Je vous ai parlé il y a peu de la récente naissance de l'International Origin, ce mini-tournoi de gala qui a pour but de préparer l'équipe nationale anglaise en l'opposant à une équipe de joueurs étrangers et c'est aujourd'hui du Magic Week-End de la RFL que je vais vous entretenir.

Le Magic Week-End (initialement baptisé Millenium Magic) est la journée du championnat de Super League disputée en un seul et même stade par toutes les équipes du championnat de rugby league anglais. La première édition des week-ends magiques eut lieu en 2007 à Cardiff et fût baptisée "Millenium Magic" à l'abri du stade du même nom. Rien de plus logique pour l'organisation : 6 parties en deux jours opposant les équipes sous forme de derbies, histoire de pimenter sa lager : les Hull's, St Helens/Wigan... Dragons Catalans/Harlequins (???) . Ne rêvez pas, fans de rugby union (XV), la drastique sécurité en Grande-Bretagne ne laisse aucune chance de voir surgir un nuvite ou un Lucien à la rescousse de son rejeton. En mai 2007 à Cardiff donc, s'est déroulé un évènement d'envergure puisqu'il a réussi à rassembler près de 60 000 spectateurs, supporters confondus des 12 équipes (à l'époque) engagées dans la Super League de la RFL. Autrement dit, un succès incontestable qui poussera les organisateurs à renouveller l'opération la saison suivante, toujours à Cardiff, toujours en mai et toujours en 5 derbies plus un match du reste du monde.
2009 et 2010 voient quelques évolutions importantes de l'évènement treiziste comme la migration de ce dernier vers l'Écosse et le Murrayfield Stadium d'Edimburg, mais aussi l'organisation de la journée de championnat sur le principe du tirage au sort (et en 2010 sur la base suivante : tirage entre le top 8 des clubs s'affrontant d'une part et les 6 restants composant les 3 derniers matchs), système qui ravira les clubs mais beaucoup moins les supporters.
En février 2011, le Magic Week-End a retrouvé Cardiff et le Millénium. Également fut réintroduite l'organisation en derbies, permettant aux Dragons Catalans de retrouver leurs voisins préférés pour une rencontre au score incroyablement petit de 4 à 11 en faveur des londoniens.
Les diamants sont éternels, et si la très figée monarque de nos voisins insulaires semble l'être aussi, son jubilé en 2012 poussera les organisateurs dudit week-end à orchestrer sa dernière version en cité mancunienne, dans la prestigieuse maison de nouveaux champions du foot briton, l'Etihad Stadium. On notera le presque changement d'adversaire pour nos catalans, le local londonien retrouvant son ancien statut de cheval fougueux.
À Manchester en mai 2012, j'y étais. Désormais je peux le dire, associer l'évènement à de la magie est la moindre des choses. Au-delà de la compétition, du bonheur de voir jouer toutes les équipes, je vous parlerais bien du village aux alentours du stade. Non pas des friteries et autres buvettes surchargées (des sportifs on n'en voit que sur le terrain, faut dire) mais des animations musicales non-stop ou des gonflables pour téméraires de tous âges. Je vous parlerais bien des mascottes, de leur concours organisé pendant les mi-temps et entre les matches, des cheerleaders volées aux Lakers, des échanges entre supporters. Je pourrais vous en parler des heures, en noircir des écrans ou vous montrer des gigaoctets de photos, mais rien de ce que je pourrais produire ne transmettrait avec justesse l'ambiance qui régit ces deux jours, l'amplitude générationnelle entre les plus petits et les moins jeunes fans, la liesse d'être ensemble, l'émotion de la victoire ou de la défaite. Je pèse mes mots, il faut le vivre pour le croire.



Être


Être ou ne pas être ? est certainement la question qu'une poignée de journalistes sportifs a dû se poser il y a quelques mois lorsque, depuis le fauteuil installé à peu de mètres de ma lucarne lumineuse, je constatais quelques disparitions parmi les correspondants de mes émissions télévisées favorites. Tour à tour s'évaporaient les meilleurs, les très smarts Darren et Mary puis Rodolphe, le facétieux complice de mes émotions rugby. Volatilisés. Mon canal devenant moins au détriment du plus, je zappais jusqu'aux ampoules dans le but affiché de remettre la main sur mes trois copains qui n'étaient pas plus présents ailleurs sur la grille des programmes où je pus constater que maints chroniqueurs manquaient également ça-et-là à l'appel. Vint alors le désespoir.
Un son cependant. Enfin, un son écrit, la moitié d'un cui-cui qui disait à peu près ceci : "Sommes sur la plus grande plage du monde. De retour bientôt avec des mages et surtout avec l'Euro". Puis le chant a enflé sur la toile, évoquant les grandes célébrations footballistiques, les très courus Jeux Olympiques, du rugby à XIII... le tout pour une recette imaginée par le pâtissier Charles-Pierre avec toute la crème du journalisme sportif pour nous permettre d'être dans le sport et pour que le sport soit en nous à chaque heure de tous les jours. BeIN Sport, c'est la toute nouvelle chaîne qui se présente comme un sorbet dans le PAF surchauffé de notre beau pays et elle est en HD. Mais ce n'est pas tout, comme une cerise couronnant la plantureuse confiserie la petite BeIN Sport 2 devrait commencer à émettre dans quelques jours. 
À la question "Être ou ne pas être ?", il semblerait que Vanessa, François et les autres aient choisi d'être. Moi aussi, pour tout vous dire, j'ai préféré l'option 100 % sport de BeIN.

Déracinés


Vous allez penser que je ne parle que de rugby à XIII et vous aurez raison... pour l'instant. Ce blog n'est pas exclusivement dédié à ce sport magnifique mais il s'avère que deux des plus beaux évènements de la discipline viennent de se produire à des milliers de kilomètres de distance l'un de l'autre. Après l'australo-australien State of Origin, voici l'anglo-australienne International Origin, largement inspirée de son grand cousin du sud de la planète. L'idée de base pour la fédération anglaise de rugby (RFL) était de pouvoir opposer son équipe nationale à une autre équipe de haut niveau en guise de test avant les rencontres officielles, comme la Coupe du Monde par exemple. Après maints remaniements, la fédération anglaise choisit l'option "mercenaires" en 2010 et nomme alors un coach chargé de sélectionner une équipe parmi les joueurs disputant l'ultra balaise championnat européen de Super League. Vous suivez ? Je préfère demander parce que la vraie complication est que sélectionneur et joueurs doivent tous être australiens ou néo-zélandais, des exilés quoi : les Exiles. Notre sympathique fédé possède alors son équipe mutante à présenter à son équipe officielle et le premier match eut lieu en 2011, le 10 juin et 12 à 16 en fût le score final et à l'avantage des visiteurs, les Exiles quoi. 2012 a vu naître une nouvelle ère dans la déjà toute jeune International Origin anglaise, le test-match est devenu série avec phase aller puis phase... vous aurez compris. Les échanges se sont soldés cette année par une égalité avec un match gagné pour la sélection anglaise contre un pour les Exiles. Et c'est à ce moment-là que toute le monde treiziste s'exclame en choeur et en stupeur : "Et il est où le decider ?". Allez, boudez pas, fans de Menzies ou de Dureau, la RFL a promis de développer encore l'International Origin et gageons que nous le verrons l'an prochain ce fameux decider européen.


Origines



Au cours des deux semaines écoulées a eu lieu l'un des évènements majeurs en Océanie, le très australien State of Origin. Considérons le championnat de rugby à XIII du Pacifique, le plus gros, le plus beau, la New Rugby League disputée par 15 clubs australiens plus 1 club néo-zélandais. Sur l'ensemble de ces 16 clubs, 10 proviennent des seuls états du Queensland et de la Nouvelle Galles du Sud et l'idée de génie a été, en 1980, de sélectionner les meilleurs joueurs parmi ceux originaires de ces deux régions (c'est à dire y ayant disputé leur première rencontre sénior) et évoluant en NRL pour en façonner deux équipes de rêve qui s'affronteront par trois fois chaque année. Pour résumer, le State of Origin c'est un peu comme un Rubik's Cube à deux couleurs : bleu et bordeaux.
Les "Maroons" du Queensland d'abord,  identifiés au crapaud buffle, tenants du titre suprême depuis 2006 et qui entendent bien le conserver alors que le New South Wales, les "Blues", aimerait bien redorer sa carapace de blatte et confisquer le bouclier pour 2012. Trois matchs en trois villes se dérouleront en quelques semaines à grand renfort de théâtralités gréco-burlesques, de public jusque dans les placards, de records d'audience télévisuelle, de courses de mascottes et autres pompom women certainement holographiques. Une "affaire d'honneur", une "affaire d'état" sont les expressions qui fusent en regions australes, excusant presque la bestialité des rencontres et l'engagement opiniâtre des joueurs. Pas de transgressions cependant, jamais, on joue selon les règles en vigueur et, par dessus tout, on respecte l'arbitre et ses décisions. C'est aussi une question d'orgueil, le fameux "À vaincre sans péril...". 
Rarement une série s'est terminée sur le score de 3 matchs à 0 et il ne fait nul doute que les meilleurs millésimes du State of Origin sont ceux qui comprennent un véritable "Decider", une "belle" après que les deux équipes aient gagné chacune l'une des deux premières rencontres. Ce fut le cas cette année, après des sessions I et II particulièrement âpres, le final s'est soldé par un tout petit point d'écart en faveur du Queensland.
Même si pour cette série encore les Blues ne sont pas allés jusqu'au bout de leur exploit, 2012 restera historique à bien des égards, ne serait-ce que pour les records d'audience générés par cet évènement... ne serait-ce que pour ce souhait enfin exaucé de voir quelques génies orientaux nous offrir d'y assister, ici en France.